
Dans le morceau
Genesis Owusu
RUNNIN OUTTA TIME
REDSTAR WU & THE WORLDWIDE SCOURGE · May 15, 2026
5 passagesGenius ↗
Le morceau en quelques mots
Il veut continuer à vivre avec joie sans se laisser dompter par la haine et la violence qu’il voit autour de lui. La laisse qu’il refuse au début et les entrailles qui apparaissent dans son fil d’actualité opposent son indépendance à un monde menaçant. Le refrain fait tenir ensemble plaisir de vivre et peur de manquer de temps ; la dernière phrase propose la clé de cette tension : faire de la joie une résistance, même après la fête.
5 passages
Suivre le morceau ↓Refuser d’être tenu en laisse
Il se présente comme quelqu’un qui pense et suit son propre rythme, malgré le regard qui le réduit à une bête. L’image du chien en laisse pose une question de contrôle : les autres le croient soumis, mais il refuse de rentrer dans le rang. À la fin, il s’adresse à un « tu » isolé dans un brouillard de mal et affirme le voir ; cette adresse ouvre une possibilité de reconnaissance, sans préciser qui est cette personne.
Ouais, j’ai dit que j’étais un Socrate des quartiers pauvres, baby
Yeah, said I'm a Slum Socrates baby
Socrate est un philosophe grec associé au questionnement ; « slum » désigne un quartier très pauvre.
L’association revendique ici une pensée venue d’un milieu dévalorisé, face au regard qui l’animalise.
Rentre dans le rang, euh, ouais
Stand in line, uh yeah
Avec « Never I » au vers suivant, « stand in line » devient une consigne qu’il refuse : rentrer dans le rang, plutôt qu’une simple attente dans une file.
Après ce refus d’obéir, le refrain montre ce qu’il cherche à préserver : une vie heureuse, malgré la violence visible autour de lui.
Profiter de la vie devant un fil d’actualité violent
Il dit vivre des moments exceptionnels, mais ajoute aussitôt qu’il ne faudrait pas manquer de temps. Les « entrailles sur le fil d’actualité » font entrer une violence très concrète dans cette déclaration de bonheur. On peut lire « je suis les miennes » comme le choix de suivre son instinct plutôt que de laisser les images reçues dicter sa vie : le plaisir n’efface donc pas la menace.
Ce que je vois, ce sont des entrailles sur le fil d’actualité
What I'm seeing is guts on the timeline
« Guts » désigne les entrailles, et « timeline » le fil d’un réseau social : l’image suggère que des scènes de violence corporelle arrivent jusque dans sa consultation quotidienne.
Le couplet suivant transforme cette volonté de vivre à sa manière en une affirmation plus combative et publique.
Engager tout son corps et faire entendre sa voix
Le feu sous ses pieds et le corps qu’il engage tout entier donnent le sentiment qu’il avance dans un environnement dangereux sans se ménager. Il veut être reconnu lorsque la haine brûlera, puis annonce que sa voix sera entendue et que sa grande parade passera à la télévision. On peut y lire le désir de rendre sa riposte visible, plutôt que de la garder pour lui ; le refrain ramène ensuite cette bravade au plaisir de vivre, toujours pressé par le temps.
Je me frappe la poitrine, je fo, je fi
I beat up on my chest, I fo, I fi
Se frapper la poitrine renforce sa posture de défi.
« I fo, I fi » ressemble à une formule scandée, mais son sens précis n’est pas établi dans cette transcription.
Après cette démonstration de force, il adopte une adresse plus simple : rassurer quelqu’un sur son état.
Affirmer qu’il va mieux sans faire disparaître la menace
Il répète qu’il va mieux et demande qu’on ne s’inquiète pas pour lui. Avoir traversé « tous les états, par tous les temps » peut se comprendre comme avoir connu des situations et des humeurs très différentes : il présente cette expérience comme une raison de lui faire confiance. Le retour du refrain maintient pourtant les images violentes et l’urgence ; aller mieux ne signifie pas que le monde soit devenu paisible.
J’ai traversé tous les états, par tous les temps
Lived every state, any weather
« State » peut désigner un état vécu plutôt qu’un État géographique ; avec « any weather », la phrase suggère surtout qu’il a traversé toutes sortes de conditions.
Les deux derniers vers nomment directement le principe qui permet de tenir ensemble cette amélioration et la violence persistante.
Faire durer la joie au-delà de la fête
La conclusion appelle explicitement la joie un acte de résistance. Cela donne un sens au bonheur revendiqué dans les refrains : une lecture bien étayée consiste à y voir un refus de laisser la haine décider de toute son existence. « Même quand la fête est finie » précise que cette attitude doit durer au-delà d’un moment de plaisir collectif.
Même quand la fête est finie
Even when the party's over
Le morceau laisse l’auditeur sur une résolution : conserver la joie comme manière de résister, et pas seulement comme distraction passagère.
Ce qui reste ouvert
Quelques fragments du deuxième couplet restent difficiles à établir, surtout au vers 24, mais ils ne remettent pas en cause le fil explicite d’une joie revendiquée face à la haine.
Seuls de courts extraits sont cités ici, pour l’analyse. Paroles complètes sur Genius ↗