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Dans le morceau

Isaiah Rashad

SUPAFICIAL

IT’S BEEN AWFUL · May 1, 2026

9 passagesProd. Blake Straus, Henry Was, Julian Sintonia, KTC, Mihji Grey, The AntydoteGenius ↗

Le morceau en quelques mots

Isaiah Rashad parle à une femme qu'il aime alors qu'il se débat avec ses addictions et une année noire. Il veut fuir les lumières artificielles, rester dehors avec elle, mais il sait qu'il est lui-même le « junkie » qui s'éloigne. Le refrain est simple et hypnotique ; la matière est surtout dans le deuxième couplet, très dense en jeux de sons, et dans la conversation finale sur la gratitude.

À savoir avant. L'album s'appelle « IT'S BEEN AWFUL » (« Ça a été horrible ») et sort après cinq ans de silence ; Rashad a parlé publiquement de ses problèmes d'alcool et de drogue. Le disque est habillé comme une émission de radio imaginaire, WWUR, animée par un personnage, DJ Sunny Roshi.

À l’écoute

La batterie lâche au moment de l'aveuvers 63

Vers la fin du deuxième couplet, le rythme qui tenait tout depuis le début s'efface et il ne reste que des basses lourdes sous la voix. C'est pile là qu'il dit « […] » : sans le battement pour le porter, on l'entend comme à découvert.

L'entrée du refrain après l'annonce radiovers 4

Le morceau commence tout bas, sans rythme, avec la voix d'un animateur de radio coupée en pleine phrase. Puis le volume monte d'un coup, les basses et le battement arrivent avec le refrain : on a l'impression qu'on vient de tourner le bouton sur la bonne station.

Un refrain qui tourne en bouclevers 29

Les trois mêmes phrases reviennent deux fois de suite, à chaque refrain, sur un tempo posé (autour de 108 battements par minute). Ça berce plus que ça ne frappe, et ça colle à ce qu'il demande : rester allongé dehors, ne pas bouger.

Deux voix qui se croisent sur l'antennevers 80

Le rythme revient avec le dernier refrain, puis l'animateur reprend la parole pendant que Rashad répète derrière lui « donne tout, ne donne pas tout ». Le conseil léger du DJ (« ne bois pas trop ») et la petite voix inquiète en fond se répondent sans se parler.

La fin : une conversation, plus de chansonvers 93

Le son retombe presque à rien, puis on entend deux hommes discuter, sans batterie, avec un fond musical discret qui change deux fois. D'après une annotation de fans, ce serait Rashad et son petit frère ; en tout cas, on quitte le morceau pour entrer dans une pièce où l'on parle de ce pour quoi on est reconnaissant.

Vers 1 à 3

La radio imaginaire lance le morceau

Un animateur de radio fictif annonce sa station. C'est le décor de l'album : on écoute comme si on captait une radio underground.

WWUR, worldwide underground—

WWUR, worldwide underground—

WWUR = « […] », radio underground mondiale.

Station inventée pour l'album ; aux États-Unis les radios ont des noms en quatre lettres commençant souvent par W.

Vers 4 à 12

Sortons d'ici, mais toi tu es déjà trop loin

Il demande à sa compagne de quitter les pièces éclairées pour s'allonger dehors. Puis la phrase bascule : quelqu'un part, quelqu'un est « junkie ». On ne sait pas bien si c'est lui qui parle à elle ou elle qui lui parle, et c'est sans doute voulu. Le post-refrain hésite entre tout donner et se retenir.

Bébé, je déteste les lumières au plafond, on peut s'allonger dehors ?

Baby, I hate lights in the ceiling, can we lay outside?

Les plafonniers évoquent l'intérieur, le studio, la lumière crue et artificielle.

On peut y entendre aussi les projecteurs de la célébrité.

Concentre-toi, donne tout, ne donne pas tout

Just focus, give it all, don't give it all

La contradiction est le sujet : se livrer entièrement à l'amour (ou à la défonce), ou garder quelque chose pour soi.

Vers 13 à 28

Je vaux plus que le rap, mais ton amour me fait peur

Il dit qu'il ne se résume ni à sa carrière ni à ses ennuis avec la justice. Il réclame une vraie relation, pas des liens de surface. Puis il avoue : il n'a pas peur d'elle, il a peur d'être aimé.

Je vaux plus que mon casier

Worth more than my rap sheet

Jeu de sons : « rap shit » (les trucs du rap) et « rap sheet » (le casier judiciaire) se prononcent presque pareil.

Emporté dans une extase

Getting caught in a rapture

« Rapture » prolonge la série rap/rap sheet.

C'est l'extase, mais aussi, dans le vocabulaire chrétien américain, l'enlèvement des croyants au ciel à la fin des temps.

Vers 29 à 42

Retour du refrain : donne tout, ne donne pas tout

Le refrain revient tel quel. Le post-refrain s'allonge et s'emmêle, avec une voix qui demande : concentre-toi sur moi.

Vers 43 à 63

La chute depuis août

Il date sa dégringolade et en fait l'inventaire : l'amour perdu, lui-même perdu, l'argent qui file. Les mots s'enchaînent surtout par leurs sons, ce qui donne une impression de glissade. Au milieu de tout ça, il avoue qu'il a remis de l'argent et de l'énergie dans les drogues dures, tout en sachant qu'il doit se calmer.

Bébé, je tombe depuis août

Baby I been falling since August

« Falling » : tomber, mais aussi tomber amoureux (« fall in love »).

Les deux chutes se confondent.

C'est horrible, souvent au bord du cercueil, pas toi ?

Awful, often off the coffin, aren't you?

« Awful » reprend le titre de l'album.

Le vers est une cascade de sons (awful, often, off, coffin) ; « off the coffin » est tordu, le sens exact reste flou, mais l'idée est de frôler la mort régulièrement.

Vers 64 à 72

L'aveu : je fuis, et ma mère s'en mêle

Il le dit enfin sans détour : il a des défauts, il fuit la réalité, il boit en plein jour. Quelques vers au milieu sont très elliptiques. La fin est limpide : sa mère intervient, et quelqu'un lui dit vouloir le voir sobre.

Attends, doucement, c'est dur pour le cœur, j'ai la nausée, je sirote en plein jour

Wait, simmer, hard on the heart, I'm nauseous, day-sipping

« Day-sipping » : siroter dès la journée, alcool ou lean.

« Hard on the heart » vaut pour le chagrin comme pour le corps.

Ils ont dit que Rashad crevait la dalle, ils délirent

They said Rashad was starving, they tripping

Rashad est son deuxième prénom.

Pendant ses cinq ans de silence, on l'a dit fini ou fauché.

Vers 73 à 78

Dernier refrain

Après l'aveu du couplet, le « junkie » du refrain n'a plus rien d'ambigu.

Vers 79 à 92

L'animateur reprend l'antenne et glisse un conseil

DJ Sunny Roshi parle par-dessus les voix de Rashad qui continuent derrière. Sous le ton d'animateur détendu, il lâche une vraie mise en garde : ne buvez pas trop.

Restez bien branchés

Make sure you keep it locked in

« Keep it locked » : formule classique des radios américaines, ne changez pas de station.

Roulez-en un, ou n'en roulez pas

Make sure you roll one up, or don't roll one up

Un joint.

Le « ou pas » fait écho au « donne tout / ne donne pas tout ».

Vers 93 à 109

Trois raisons d'être reconnaissant, malgré tout

Une conversation enregistrée sur le vif : on allume quelque chose, puis une voix demande à l'autre de citer trois choses pour lesquelles il dit merci. Réponses : respirer, et rester maître de son corps et de sa tête. D'après une annotation de fans, Rashad parlerait avec son petit frère ; on ne sait pas avec certitude qui dit quoi.

Q, tu ressens quoi ?

Q, what you feel?

« Q » est le surnom de l'interlocuteur.

Son identité n'est pas confirmée.

Même si ça a été horrible

Even though it's been awful

Le titre de l'album, prononcé dans la conversation.

Ce qui reste ouvert

Plusieurs vers du deuxième couplet (45, 51, 68, 69) sont très elliptiques et leur sens exact reste incertain ; l'identité des voix dans l'outro repose sur une annotation de fans.

Seuls de courts extraits sont cités ici, pour l’analyse. Paroles complètes sur Genius ↗